RECONNAISSANCE - n° 100 - Le mensuel d'Univers-site
Editorial : Emotion du beau.
Le maître mot du Cancer est « Je ressens ». Il s’inscrit, aujourd’hui, dans un paradoxe tant notre monde humain oscille tantôt dans l’extrémité hystérique de l’émotion tantôt dans la folie froide d’un docteur Folamour aux multiples visages.
Le monde bouge, éructe et convulse comme il le faisait pourtant autrefois. Conflits et paix s’y déployaient, misères et fortunes s’y faisaient et s’y défaisaient tout également par la trame des noblesses et des laideurs humaines. La différence de notre époque tient sans doute aux deux modifications de l’espace et du temps par lesquels aujourd’hui ce que nous éprouvons de mal, plus souvent que de bien, se manifeste à chaque seconde et partout dans le même paroxysme collectif.La planète humaine émet simultanément sous toutes les latitudes et les longitudes. La communication ne connait plus les contraintes naturelles et chaque événement heureux ou malheureux, chaque décision, chaque comportement et conséquence d’importance se partagent instantanément et s’amplifient en crises émotionnelles planétaires bouleversantes et continues sans qu’un fil rouge de raison n’apparaisse nettement. L’équation de l’Homme tarde à contrôler ses axiomes infernaux.
Le temps de la réflexion qui était donné aux peuples en paix, aux communautés prospères ou bien aux cultures florissantes informées avec recul des déchirures survenant à d’autres, offrait, dans l’alternance des infortunes, le temps nécessaire à la raison et produisait la sagesse de l’histoire. Il faut croire qu’un faible profit de ce principe soit parvenu jusqu’à nous au moment même où, dans le trouble incessant et persistant, nous en aurions le plus besoin.
Les secondes, que nous avons finalement volées à la nature, manquent à une fonction mercurienne plus occupée aux moyens de rapporter la brulure des incendies et les horreurs de leurs dévastations qu’à distiller et à extraire l’essence du drame pour enfin bâtir à la fois harmonie, sérénité et quiétude.Ce sont pourtant là d’autres sentiments tout aussi culminants que ceux, prédateurs, qui affectent ou bien dévorent. Ils pourraient, sans ignorer la face tragique des réalités, activer et recomposer l’espérance. Faut-il encore pour cela que ce qui domine à nous émouvoir soit davantage du ressort de la beauté et de la lumière que de l’horreur et de l’ombre.
L’astrologie, si elle oublie de se plier à l’horizontalité de l’ego, pourrait bien nous propulser par l’émotion ample et sublime du mystère jusqu’au cœur simple et sensible du monde.
E.D.
Eric Destère .
3' juillet 2008
RECONNAISSANCE 111 - Juillet 2008, 27 pages
1 - Editorial Par Éric Destère
2 - La Lunaison Par Brigitte Menoux : Lunaison Juillet 2008
3 - M. Fourniret Par Marcel Bélanger : Le cas Monique Fourniret
4 - Recherche Par Roberte-Agnès Favrole : Le bac a 200 ans
5 - Le Cancer Par Eric Destère : Medium caeli & Imum caeli
6 - Domification Par Marcel Bélanger : La domification nodale
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