Mercuriel 25 : Formation du symbole et (trans)formation de l'homme
par Ysabelle Bacquet

juillet 2002, 17 pages


L'astrologie humaniste qui fut au cours du XXè siècle introduite par Dane Rudhyar, puis la grande astrologie amenée par Charles Vouga et Germaine Holley ont largement contribué au déchiffrement de la dimension intérieure et spirituelle de l'homme par le biais des symboles et du thème astrologique. La semence du potentiel transpersonnel humain libéré par ces deux courants de l'astrologie m'a personnellement considérablement familiarisé avec ce qu'il convient de comprendre par se connaître de l'intérieur ou transpersonnellement grâce à l'expérience spirituelle.

Puis en étudiant plus particulièrement, les Nœuds Lunaires [1] et la Lune noire [2] j'ai découvert en moi-même qu'il existait plusieurs niveaux de profondeur dans l'incarnation ou l'actualisation de la connaissance de soi. Une fois dépassées les premières couches de nos profondeurs surtout liées au passé personnel, plus on se met à descendre à l'intérieur de soi-même, plus la réalité psychique se spiritualise autrement dit devient plus substantielle et entre en résonance avec l'être essentiel et intérieur.
Depuis le point d'observation de l'être, ou du moi vrai et profond, la vue que l'on a de son moi et du monde se trouve élargie, et peut aller jusqu'à comprendre tout ce que l'on est. (ce que Jung nommait le soi). La descente en soi-même conduit au dévoilement graduel de l'être jusqu'à son entièreté et l'emmène à prendre une forme d'expression toujours plus vivante et réelle. Le trajet de cette descente intérieure et progressive délimite (provisoirement) ce que la psychanalyse appelle depuis Freud l'inconscient. Freud en a exploré plutôt les couches personnelles et pulsionnelles et Jung s'est davantage intéressé à l'étude des couches plus profondes, celles-là même qui renferment les archétypes ou les images primordiales autrement dit tout le trésor en images des richesses de l'âme universelle.

L'axe principal qui délimite mon champ de recherche, et dont je publie peu à peu les résultats dans le Mercuriel, journal mis à la disposition des abonnés dans le deuxième forum, pourrait se résumer par cette question :
- Quels liens (à mon sens ténus) existent-ils entre l'inconscient, l'astrologie et la spiritualité de l'homme ?

Dorénavant, pour moi ces trois thèmes sont indissociables. Et j'ai obtenu de très précieux éclairages sur l'essence et l'articulation de ces trois grands thèmes en étudiant la pensée de Jung. Jung, à ma connaissance s'est très peu exprimé à propos de l'astrologie, pourtant l'importance qu'il accorde par exemple à certaines puissances psychiques qu'il n'hésite pas, par moments, à nommer à cause de leur côté agissant Dieux ou Deimons, font étrangement penser aux archétypes planétaires de notre chère astrologie… Ce sont les puissants éclairs de compréhension que ces écrits m'ont apportés sur le fonctionnement de la vraie astrologie autrement dit spirituelle et signifiable dans les faits par la vie et l'activité de l'inconscient, qui ont déclenché mon désir d'écrire ses 3 Mercuriels.

MERCURIEL 22
Dans mon premier article intitulé, Comment comprendre et sonder les profondeurs de son âme, je déroule et délimite le domaine de connaissance que je tente d'explorer et de rendre le plus possible intelligible. S'agissant d'un domaine, les profondeurs de l'âme, fort personnel, je m'appuie, certes sur mon propre vécu et ressenti, mais surtout sur le processus de développement intérieur que j'ai expérimenté et dont j'ai reconnu certains paliers dans les écrits de Jung. Comme je résonne beaucoup à sa pensée, j'ai envie qu'elle soit plus diffusée et mieux comprise, surtout dans le monde astrologique. Car, à mon humble avis, elle contient en germe le déroulement du développement de la personnalité vers lequel l'homme d'un âge nouveau tant annoncé, se dirige.
Enfin, dans cet article, j'y décris plus particulièrement le cadre sémantique de mon domaine d'étude, à savoir : qu'est-ce que l'âme ? qu'est-ce que la psyché ? qu'est-ce que l'inconscient ? Qu'est-ce que le soi ?

MERCURIEL 23
Mon deuxième article, s'intitule : Au commencement était la libido, ou un système d'énergie.
Dedans, je commence à expliquer ce qu'est l'énergie psychique, ou la libido pour Jung. Et à mes yeux, le concept d'énergie psychique est essentiel si l'on désire comprendre sur quoi sont fondées les manifestations et les productions de l'inconscient. En n'attribuant pas les caractéristiques d'un seul instinct à cette énergie, l'inconscient devient le lieu du mystère de l'être, de sa quête et de son devenir, ou encore du chemin qui lui reste à parcourir pour sa réalisation pleine et entière… Bien entendu, chaque école de psychanalyse donnera sa propre définition de l'inconscient et c'est pourquoi, par exemple, j'ai tenu à présenter rapidement la théorie sexuelle de Freud, car c'est elle qui surgit spontanément lorsque les mots "libido" ou "inconscient" se pressent sous nos lèvres.

J'y expose également une autre façon de considérer le phénomène de la régression de la libido. Pour moi, elle correspond à l'appel à être, l'appel à devenir et à incarner tout ce que l'on est… L'adaptation à notre monde intérieur est manifestement trop délaissée par l'homme occidental et moderne (autrement les symptômes névrotiques seraient en voie de disparition !) au profit du développement de la raison et du paraître social et extérieur ; aucune de ces deux sphères d'expériences ne devraient être délaissées, selon moi, mais fonctionner ensemble ou en accord et surtout en toute conscience. L'astrologie, la vraie celle qui réveille et actualise notre appartenance ainsi que notre participation au grand déroulement de la Vie libre et consciente, l'est tout autant délaissée ou bien souvent mal utilisée… C'est pourquoi, les deux, la vie intérieure (en partie inconsciente) de l'homme et l'astrologie peuvent mutuellement beaucoup s'enrichir et s'apporter.

MERCURIEL 25
Enfin, dans ce troisième Mercuriel, intitulé Formation du symbole et Transformation de l'homme je propose une étude approfondie du symbole, en partant encore et toujours de l'énergie psychique, car le symbole correspond à une des multiples formes que peut prendre l'énergie. C'est pourquoi un symbole est dit polysémique, et permet de glisser d'un sens à un autre ; la forme change mais non l'énergie qu'il contient. Mais surtout, dans la perspective d'une connaissance profonde de soi, le symbole est considéré comme une formation de l'inconscient ; c'est-à-dire qu'il contient et unit ce qui vient du pôle de l'instinct (la lune) et ce qui vient du pôle de l'esprit (le soleil). Deux pôles qui se vivent souvent en opposition dans la vie consciente, opposition qui est du reste, très souvent à l'origine des névroses. En fait, la tension des contraires est susceptible de disparaître dans l'inconscient, parce que dans celui-ci, se trouve "une fonction religieuse", ou plus précisément c'est dans l'âme que réside cette fonction, car l'âme est naturellement religieuse et fonctionne d'elle-même.

C'est lorsque l'on est descendu au fond de soi-même ou parti à la rencontre de son âme que survient la disparition des grosses tensions ; surgissent alors à leur place la paix, la béatitude ou le calme cosmique intérieur. L'existence de la fonction religieuse est bien évidemment à mettre en relation avec les planètes transsaturniennes Uranus, Neptune, Pluton. Doit l'être, de même, l'excédent de libido ou d'énergie vitale qui se trouve contenue dans la psyché. Cet excédent d'énergie attend de trouver une voie de dérivation qui lui convienne (des symboles forts par exemple ou bien vivants) et propre à nous relier au soubassement de la vie commun à tous, ou autrement dit universel, faute de quoi l'énergie s'accumule et devient destructrice. Les grands symboles religieux, comme les images sacrées apportent par exemple une pente suffisante à l'écoulement de cette énergie.

Mais dans notre monde qui a décrété majoritairement, depuis la victoire du monothéisme, que tous les Dieux étaient morts, et depuis Nietzsche, que même le Dieu unique était mort, cette énergie psychique ne trouve plus les images dehors qu'il lui faudrait un peu ou au minimum de temps en temps…

Alors, il ne nous reste plus qu'à développer des symboles individuels, dont le plus représentatif et le plus abouti et symbolisant le soi, est pour moi le mandala que dessine notre carte du ciel astral.
J'essaie, enfin, d'apporter dans cet article, quelques éclairages sur la psychologie primitive, la vie des instincts, et des fonctions psychiques, ainsi que sur les archétypes.

L'axe directeur qui résume toute ma recherche, ainsi que je l'ai déjà dit, est celui d'arriver à trouver un trait d'union entre l'inconscient, l'astrologie et la spiritualité. Et ces trois domaines touchent de près mon hypothèse de travail du départ qui est celle-ci :

D'une couche très profonde de l'inconscient part l'expression de deux grandes puissantes psychiques, que j'appelle par commodité visuelle, des géniteurs universels ; ce ne sont pas les seules puissances actives qui existent dans la psyché de l'homme, cependant beaucoup d'autres puissances psychiques ou planètes en astrologie oeuvrent
pour elles… Car ces deux puissances détiennent l'énergie qui décideront pour une grosse part, du potentiel spirituel que nous réussirons à actualiser. Ces deux puissances psychiques sont Eros (ou le principe féminin représenté par la lune) et l'instinct de puissance ou de différenciation (ou le principe masculin représenté par le soleil) ; leur développement ainsi que leur transformation et surtout leur union mènent à l'éveil de la psyché humaine qui devient alors libre ou vierge pour pouvoir héberger un esprit sain uni à un cœur pur.

Ysabelle Bacquet


[1] D'après l'interprétation suggérée par François Guiraud. Voir son ouvrage "Symbolisme et interprétation des Nœuds Lunaires", Editions du Rocher. F.Guiraud donne également des cours sur Univers-site.
[2] J'ai étudié la Lune Noire notamment après avoir lu le livre de Marc Bériault "La lune noire, Vers l'autonomie de l'être", Editions du Rocher.